COMMENT AVOIR UNE PLACE EN CLASSE AFFAIRE SUR UN VOL AIR FRANCE ?

Retour de cross vers dharamsala
Départ en cross vers Dharamsala

C’est la fin de semaine et les conditions sont parfaites. Grace à la pluie de jeudi les thermiques sont larges et tranquilles. Les formations orageuses ne sont que sur les sommets lointains. C’est un vrai plaisir de voler dans ces vallées magnifiques.
Ce jours là, nous somme trois à partir vers Dharamsala : Pierrot, Sony et moi. On monte rapidement à 4000 mètres et je profite de la pureté de l’atmosphère pour faire des photos de mes camarades sur fond de montagnes himalayennes. Ils se prêtent au jeu et font des allez retour pour que j’obtienne le cadrage idéal.
Après une dizaines de kilomètre, nous partons en transition sur Big Face. Je suis à la traine : avec mon bordel embarqué et les problèmes de rangement que cela implique je me suis fait ejecter d’un thermique et écopé d’une belle degeulante.
Mes deux camarades visent le sud de cette face qui nous barre la route et vont donc passer par le petit cotés. Sage décision, car à part Debu qui maitrise le sujet, l’attaque frontale de Big Face est synonyme de  » houlà, qu’est-ce que je fout là ! ». Je vise le Sud et me met à transiter tranquillement. J’admire le paysage. Lentement mais surement une envie naturelle se fait pressante. Surement le froid. Je pisserai à l’atterro, non mais ! Mais la transition est longue et je n’arrive plus à penser à autre chose. Rien que l’idée d’aller chercher à travers la combinaison, le sweat, le pantalon, le caleçon pour pouvoir pisser en l’air, ça me gonfle. Non, je pisserai à l’atterro ! Oui, mais là je n’ai fait que 10 km, il m’en reste 40 jusqu’au but, ou 90 pour un aller-retour.
C’est avec ce problème en tête que j’aborde le passage délicat de Big Face et forcement j’enroule n’importe comment. Je ne pense plus qu’a mon envie de pisser. Je me débrouille comme un manche et n’arrive pas à rester dans une pompe. Sony et Pierrot sont de l’autre coté et se font satelliser. Ils partent vers l’Ouest. Les salops ! Alors quand une bête est malade ils l’abandonnent, c’est ça ?
Je me bat contre mon envie et contre les bulles, quand je suis rejoins par Eric et Seb qui ont décollé plus tard. Rapidement ils me dépassent. Mon orgueil en prend un coup et tel un cheval malade je me colle au train d’Eric et enroule ce qu’il enroule. Nous montons. J’ai juste besoin de prendre un peu de gaz pour quitter cet endroit et enfin pouvoir me soulager.
Rapidement je peux passer la crête et je quitte mes deux camarades qui continuent leurs ascensions. Je longe une pente comptant sur du dynamique pour ne pas trop perdre en altitude et part dans l’exploration de mon bas ventre. Je quitte mon gant droit et le coince entre mes dents. Au bout d’une minute de tripotage frénétique, j’arrive à faire coïncider les ouvertures de ma combi et du pantalon, mais impossible de trouver l’accé de ce foutu caleçon. Je ne tiens plus, il faut que je trouve ! Par-dessus, par-dessous, je ne trouve rien ! Je lâche un « putain ! » sonore et forcement mon gant s’envole ! Je le regarde plonger dans le vide et oublie un instant les appelles de ma vessie. J’arrive enfin à trouver ce que je cherchais, me met debout et je me soulage avec bonheur.
Mon gant perdu je change ma tactique de vol. Je ne vais pas me laisser monter au plafond (3500 – 4000) où je vais me geler complètement la main, je vais plutôt rester au niveau où je suis voir moins (1500-2000), mais en bordure de vallée. Ainsi si je n’arrive plus à avancer ou si j’ai trop froid, je me pose et retour en taxi. A la radio j’entend les autres qui sont haut et qui commence à avoir une bonne avance sur moi. La perte de mon gant me donne l’occasion de faire un de mes plus beaux vols : Je longe les reliefs, plonge dans des combes, grimpe le long des crêtes. Quel bonheur que d’enrouler à une centaine de mètre de hameaux perchés et d’écouter les cris de joies des gamins. Quel plaisir que de saluer ces bergers qui me voient surgir, tourner et partir en me lançant des saluts sonores. Je m’enivre des parfums qui montent des forêts que je survole et dans lesquelles, parfois, se découvre un temple bouddhiste. Je saute de crête en crête.
Je me souviens plus particulièrement d’une face ensoleillée où pendant de longues minutes je ferais des aller-retour devant un groupe de paysan faisant monter leurs vaches le long du sentier. Ils s’arrêtent tous et me regardent aller et venir en me saluant à chaque passage. Je grimpe lentement et les quitte pour voir apparaître un hameau de 4 ou 5 maisons accrochées à la pente. Les gamins surgissent de partout et sautent de joie. Le thermique m’emporte et je les vois me regardant pendant plusieurs minutes, disparaître.
Combien de fois suis-je aidé dans mes recherches de thermique par un aigle bienveillant ? Je ne sais plus, mais une chose est sure : Je ne regrette vraiment pas d’être passé par le chemin des écoliers.
En cour de route je suis rejoins par Seb qui ne sens pas à l’aise en l’air, aujourd’hui.
Au bout de plus de trois heures de vol, on arrive à Dharamsala. On aperçoit les autres voiles sur le retour à une altitude frigorifiante.
Une superbe pompe nous tend les bras et pendant que l’on enroule tranquillement on se questionne avec Seb pour savoir si l’on tente le retour. En sachant que dans ce sens, refaire le parcours par le bas risque d’être long et par le haut, froid ! En fait, Seb ne se sent pas en forme et préfère se poser. Je décide de poser avec lui et cela me donnera l’occasion de visiter cette ville, peut-être ?
On se laisse glisser en finesse, brûlant le gain que l’on vient de faire, en profitant pour chercher un attéro, mais les plantations de blé en plateau sont omniprésentes. Il n’y a pas tellement de terrain dégagé. Je repère un terrain de cricket mais il y a un match. Je suis plus bas que Seb, il faut que je trouve où poser. Enfin, je trouve un terrain en longueur près de la rivière. En m’approchant je repère même une espèce de buvette à coté. Elle n’est pas belle la vie ?
Alors il est où le problème de ce vol ?
Il est là, justement : Je me sens bien, je repense à mon vol et à la bière que je vais m’enfiler. Je fais des virages serrés pour arriver plus vite sur l’attéro en faisant un tour de frein à chaque main. Je fais la dernière longueur du terrain en ligne droite. Le terrain est en plateau et avec ma finesse je me retrouve à planer vers le fond du terrain. Je n’ai pas envie de finir là-bas. Je freine un peu. J’oublie que j’ai un tour de frein. Je baisse les bras et je réalise que je suis con de les avoir aussi bas. A peine le temps de penser cela, ma voile décroche. En un instant je percute le sol caillouteux, trois mètres plus bas, dans un choc violent.Je suis couché sur le coté droit, le souffle coupé. Mon premier réflexe est de bouger mes pieds. Ils bougent. Je passe rapidement en revue le reste du corps, tout à l’air de bouger, mais j’ai vraiment mal sur le flanc droit et reprend avec peine ma respiration. Je veux attraper la radio avec ma main droite et je vois que celle-ci part dans tous les sens. Je comprends que c’est plus grave qu’une simple chute.
Seb arrive rapidement et m’aide à me relever. On voit que le bras n’est pas vraiment en forme, mais vue la boule que j’ai dans l’épaule je pense à un déboîtement. En fait, j’espère que c’est cela. Je vais comprendre rapidement que c’est mon humérus brisé qui est remonté là. On essaye d’avertir les autres à la radio, mais ils sont trop loin ou caché par le relief.Je ne cherche même pas d’excuse à ma chute : il n’y en a pas. Je pourrai parler d’une aérologie turbulente, un déclenchement thermique près du sol ou un gradient exceptionnel. Même pas. Il s’agit simplement, trop simplement, d’une erreur stupide de ma part. J’ai oublié l’équation simple « Vitesse = sécurité ». J’assume pleinement mon erreur et pourtant je suis le premier à clamer que lors de vol à l’étranger il faut voler en dessous de ses capacités et éviter toute prise de risques inutiles. Une chose à ne pas oublier : en France et en Europe en général, la couverture médicale fait qu’un accident comme le mien, peut-être traité rapidement. Un coup de fil au secours et la prise en charge est rapide. A l’étranger, le simple fait de trouver un médecin peut-être une aventure. De plus compter sur Europe assistance ou autres pour vous sortir de là est utopique : Malgré leur bonne volonté, sans infrastructure médicale sur place ils ne peuvent rien faire.
Mais j’ai eu de la chance : Seb s’est posé rapidement près de moi pour m’aider, je n’ai eu que le bras de cassé et j’ai évité de peu la fracture ouverte. Sans Seb la situation aurait pu être dramatique.Pendant que Seb essaye de m’enlever la combinaison, quelques étudiants indiens s’approchent. Comme ils parlent un peu anglais, je leur demande s’il y a un médecin. Ils me répondent que non et que le médecin le plus proche est à Dharamsala, à cinq bornes d’ici. Ils nous aident à rejoindre la route.
Le taxi que l’on a trouvé peut mettre toute la bonne volonté de la terre, mais il ne peut éviter les mouvements dus à la route défoncée. La douleur est forte et je suis en nage. Nous ne sommes pas arrivées à enlever mon sweat et il doit faire plus de 35°. Je ne suis pas au meilleur de ma forme…Nous arrivons enfin à Dharamsala. Je voulais visiter la ville, je suis servi !Le taxi nous mène à l’hôpital principal.
Je rentre dans ce bâtiment à plusieurs étages et aux couleurs défraîchis à la recherche des urgences. Il y a du monde dans tous les sens. Je trouve le service et rentre dans une pièce où quatre lits vides font face à un bureau. Seb me rejoint avec les deux parapentes sur le dos. L’homme derrière le bureau me demande d’approcher, survole du regard mon bras, me pose trois questions, remplie et tamponne une feuille qu’il donne à un autre homme. Ce dernier me demande de me mettre sur un lit, c’est là que je constate les taches de sang sur les draps. Mais ce sont les urgences, pas l’hôtel Hilton. Il me fait une piqûre dans la fesse. Je lui demande ce que c’est et si c’est lui qui va s’occuper de moi. Il me répond vaguement dans un anglais que ni Seb, ni moi comprenons. Il donne la feuille à un autre homme qui passe par-là, et nous fait comprendre qu’il faut le suivre. L’ascenseur est en panne. Nous passons par les escaliers où les gens se bousculent pour monter et descendre. Je suis bousculé et la douleur est vive. Je transpire à grosses gouttes. Je monte lentement. On a droit à la visite de chaque étage ou presque. Il y a du monde partout, dans tous les sens. Chaque étage est une suite de dortoir d’une trentaine de lit, où ça grouille de gens. Les toilettes sont largement ouvertes sur le couloir et participe à l’ambiance olfactive des lieux. On arrive au dernier étage. Notre guide cherche quelqu’un. Il rentre dans une pièce où se trouve deux ou trois infirmières. Elles discutent ferme avec celui-ci. Il nous fait signe de le suivre et on redescend… aux urgences ! Il redonne la feuille au type de tout à l’heure, celui-ci marmonne deux trucs, rajoute un tampon et lui retend la feuille. J’ai l’impression d’être dans un pays communiste. Et nous repartons dans les escaliers, Seb supportant les deux parapentes et moi qui ai l’impression de tourner de l’œil à chaque palier. Nous retrouvons les infirmières, re-negociation et elles nous désignent un lit dans la salle d’à coté. Autour de moi se trouve un tas de personne avec des plâtres impressionnant, des attelles faites de planche, ou des cordes au bout desquelles pendent des briques et des pierres. Entre chaque lit dors ou discute des membres de la famille des patients. On se trouve en face des toilettes qui refoulent une odeur universelle.
J’attends le médecin. Pendant ce temps nous devenons l’attraction du service et les questions fusent de toutes parts… et les diagnostiques aussi ! Seb essaye de rentrer en contacte avec le reste du groupe à Bir, mais nous n’avons aucun numéro de téléphone. Il tente d’avoir le numéro du taxi à Bir qui connaît Debu, mais ses explications laisses perplexes le groupe autour de nous.
Au bout d’un moment un jeune homme s’approche de moi et m’explique qu’il est le médecin. Il me pose des questions et repart. Il revient avec une bandelette, me fait une écharpe pour soutenir mon avant bras et s’en va. Le groupe se reforme autour de nous et Seb obtient un numéro de téléphone. On s’aperçoit vite que c’est le numéro de l’hôpital où l’on est, et non pas le taxi de Bir. Il descend dehors à la recherche d’un téléphone. Une tibétaine aux cheveux noirs immenses, me propose une orange avec un sourire sublime. Elle sera mon réconfort moral pour les heures à venir. Son mari qui est sur le lit en face est plâtré de la tête au pied.
Au bout d’un moment le médecin revient, me donne une feuille et me fait comprendre qu’il faut faire des radios. Puis il s’en va. Je lui coure après, enfin j’essaye. Je lui explique que je ne sais pas où se trouve le service de radiologie. Il soupire, appelle un gars et me demande de suivre celui-ci. Seb continu sa quête du numéro magique.
Je descends les étages à la suite de mon nouveau guide. Je m’étonne quand il m’entraîne hors du bâtiment et, quand nous sortons pour nous retrouver au milieu du marché, je me demande si j’ai bien compris. Il me signifie que je dois le suivre. Il discute avec quelques gars puis nous partons dans des ruelles. Je suis en nage. Les arbres sont en fleurs et des singes farceurs traversent la route devant moi, mais je ne vois rien. Je regarde le bout de mes pieds et j’avance. Au bout de dix minutes j’arrive dans une ruelle où au milieu d’échoppe se trouve l’enseigne « Maya X-ray ». Le local fait dix mètres carrés au milieu duquel trône un vieil engin à radiographie et un gars recouvert d’une combinaison de plomb. J’ai droit à deux clichés de mon épaule et à une double dose annuel de radiation. J’attends dix minutes que les radios sèchent sur le fil tendu dehors et nous repartons vers l’hôpital.
Quand j’arrive et que je m’écroule sur le lit, Seb est en grande discussion avec un groupe qui serait susceptible de comprendre pourquoi nous voulons le numéro d’un taxi d’une ville qui est à 50 km d’ici ! Il y un mouvement de foule dans le couloir, c’est la distribution de riz.
Je regarde mes radios et ne vois même pas qu’il manque un os sur la photo ! Je me persuade que c’est un déboîtement de l’épaule.
On attend le médecin pendant que mes radios font le tour du dortoir. Celui-ci arrive, regarde les clichés, sort dans le couloir, discute avec un collègue, revient, me dit que ce n’est pas grave et donne une liste de médicament à acheter. Seb descend à la pharmacie en face.
A son retour une infirmière me fait une piqûre et s’en va.
Nous attendons.Le temps passe : Cela fait 4 heures que j’ai fait ma chute. L’épaule gonfle.Deux infirmières débarquent avec seringues et perf. Je leur pose des questions, intrigué. Tout cela pour un déboîtement d’épaule ? « Il ne s’agit pas de ça » me dit Seb, « elles nous parlent de fracture ». Merde ! Je comprends ce que ça signifie. Je leur demande avec le geste « Open, open ? » et elles me répondent avec un sourire « Open, open ! ». Seb me dit de tous arrêter, me demande ma carte du Vieux Campeur et va essayer d’appeler Europe Assistance. Pendant ce temps le jeune médecin revient, avec pour la première fois un sourire, qui disparaît quand je lui dis que je préfère attendre l’avis de mon médecin en France. Il repart en faisant la gueule, suivi de ses deux infirmières.
Seb revient et m’explique que pour le moment Europe Assistance ne peux rien faire. Ils ne savent pas ce que j’ai exactement et ils essayent de contacter l’hôpital.
Soudain un gars débarque et me tend un portable. C’est Debu en ligne ! Ils sont arrivés à nous retrouver grâce à l’appelle d’un type qui connaissait le taxi de Bir, bref : Un miracle !
Il me dit qu’ils arrivent avec le taxis dans deux heures et que je suis dans le meilleur hôpital de la région. Je me demande quoi faire. Il fait nuit et je n’ai vraiment pas envie de rester ici. Mais ai-je le choix ? Et tous ces gens autours de moi, ont-ils le choix ? J’ai la chance de connaître les hôpitaux en France, et voir celui-ci me fait peur. Seulement pour la plupart des gens ici, c’est bien le mieux auxquelles ils peuvent accéder. Ai-je le droit de faire la fine bouche ? Je ne sais plus quoi penser. Combien de temps puis-je rester avec un bras comme ça ? Est-ce vraiment grave ?
Les gens autours de moi commencent à s’assoupir avec les membres de leurs familles qui les veillent sous leurs lits. Les ventilateurs brassent une atmosphère qui me pèse.
La solution va venir en la personne du médecin chef, qui débarque et m’explique enfin ce que j’ai. Il me dit que c’est grave, mon humérus est cassé sous la tête et se balade dans mon épaule, et que pour moi, le mieux c’est de rentrer en France le plus rapidement possible ou sinon d’aller à New-Delhi et en dernier recours rester ici. Il me fait bien comprendre que la solution n°3 est à éviter. Merci docteur. Sur ce, il nous donne son numéro de portable car il rentre chez lui.
Debu et Vincent arrivent enfin. On négocie ma sortie et on m’embarque dans le taxi. Pour supporter les deux heures de routes on me fait fumer plusieurs cigarettes qui rendent heureux, et je le suis encore plus quand on arrive enfin à Bir.La matinée suivant, je cherche avec Europe assistance comment faire pour me ramener au moins jusqu’à New-Delhi. Il est impossible de trouver un avion dans la région, surtout que c’est dimanche. Un avion sanitaire qui puisse atterrire sur l’aerodrome locale ne peut pas être là avant longtemps et une ambulance mettra 30 heures pour faire l’aller-retour. Je leur propose de couper la poire en deux et de prendre un taxi pour New-Delhi, où ils pourront me prendre en charge. Longue négociation avec le médecin : Le risque est que l’os coupe un nerf ou pire une veine. Mais je ne vois pas comment faire autrement. C’est OK.
Après des « aux revoirs » assez émouvant avec le groupe j’embarque pour plus de quinze heures de routes.
La première partie du trajet est en montagne. Malgré la bonne volonté de mon chauffeur, j’ai mal à chaque virage. Je vérifie régulièrement mon pouls et les mouvements de mes doigts. J’ai vraiment l’impression que l’os va traverser mon épaule. J’appuie sur l’avant bras, lentement mais longtemps. Au fur et à mesure la boule diminue et les douleurs aussi. Je remets l’os dans son axe. J’apprends plus tard que le fait d’avoir réduit la fracture a arrangé pas mal de chose.A 4 heures du matin nous arrivons à New-Delhi, où je dois me rendre dans un hôpital. Celui-ci est énorme et ressemble parfaitement à un grand hôpital parisien. Je suis pris en charge rapidement, et après des radios on me monte dans une chambre individuelle avec canapé, télé et menu au choix pour le dîner. Vive Europe Assistance ! Je dis au revoir à mon chauffeur qui s’inquiète autant pour moi, que moi pour lui, puisqu’il veut repartir pour Bir immédiatement. Je lui dis de faire attention quand même, et je m’écroule sur le lit.
La journée se passe dans l’attente d’une décision des médecins indiens et français. La question est de savoir si je peux prendre l’avion. J’ai droit à plusieurs séries de radio. Puis en début d’après-midi, un appel du correspondant local m’informe que je prends l’avion ce soir. Je suis soulagé. On me fait, enfin, un plâtre provisoire.Et voilà, comment à minuit j’embarque en classe affaire sur un vol Air France !

Je suis arrivé en France, mardi, soit trois jours après mon accident. Je vais être hospitalisé rapidement, et opéré le jeudi suivant. L’opération à été longue et difficile : Il y avait des morceaux partout et la tête de l’humérus avait tourné. Mais j’ai eu de la chance : Par rapport au choc les dégâts sont réduits.
Il y avait aussi du bon dans mon hospitalisation : J’étais rapidement repéré par les infirmières comme « le mec qui revient de l’Himalaya et s’est réduit sa fracture tout seul » et vite devenu le chouchou de l’étage, surtout que la moyenne d’âge était assez élevée dans les chambres d’à cotés. Et puis avec un bras immobilisé, il faut bien que quelqu’un vous aide pour vous savonner…

La suite : presque deux mois d’arrêt et plusieurs mois de réeducation. Et pourtant, je n’ai qu’une envie c’est de retourner en Inde et de retrouver ses montagnes magiques, mais là, c’est promis, je remonte les mains à l’atterro !

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