INDE – Avril 2004

Nous atterrissons à Delhi en pleine nuit, Nico et moi, retrouvant la chaleur, la moiteur et les odeurs que j’avais connu dans le Sud-Est asiatique. La même circulation rassemblant dans un désordre mobile: voitures, camions, cyclos, vélos, sauf qu’ici on roule à gauche (normalement…). Et surtout la même utilisation massive du klaxonne !

Nous arrivons dans un hôtel sympa dans Main Bazar, comme je les aimes, où nous rejoignons Sony et Arnaud arrivés la veille. Il est tard et comme demain on a prévu de prendre le train tôt on ne tarde pas à aller se coucher. La nuit est chaude. Sous l’énorme ventilateur de ma chambre je m’endors rapidement.

Seulement vers les 3 heures du matin, une coupure de courant arrête cette source de fraîcheur. Tant pis, je fais avec en attendant le retour de l’ électricité  Mais ce n’est pas l’avis du tenancier qui mettra en marche le groupe électrogène de l’hôtel qui doit se situer, vu le bruit et les tremblements de mon lit, à quelques mètres de ma chambre. Je crois que je préfère la chaleur !
Le lendemain, petits yeux et petit dèj’…

Le reste du groupe n’arrivera que le soir très tard, on décide de consacrer la journée à la visite du Taj Mahal, qui se trouve à Agra, ville situé à 300 kms au Sud-est de Delhi. Pour aller à la gare on prend les rickshaw, espèce de triporteur décoré avec un toit, permettant de transporter officiellement 4 personnes (deux devant, deux derrière), mais officieusement, tant que ça roule on peut remplir !
A la gare nous prenons nos billets en évitant « l’expresse à touriste » qui part plus tôt. On prend donc le « Taj Expresse » plus populaire mais plus lent. Je vous conseil de réserver vos places, sinon vous connaîtrez les joies de partager votre mètre carré vital avec 3 ou 4 autres personnes au moins ! Heureusement nous sommes assis sur des banquettes à 3 places sur lesquelles nous sommes 4. Les fenêtres sont petites et complètement ouvertes pour limiter la chaleur et la lumière. Le plafond est tapissé de ventilateurs tournant à fond.Le train démarre et se découvre devant nos yeux et dans nos narines une Inde troublante. Mélange de beauté et de misère, passant de l’odeur au parfum. Je m’en mets plein les yeux, pendant que dans le couloir central des vendeurs de thé chaud, d’eau, de beignet se fraient un chemin à coup de grands cris.

A Agra la chaleur est là: on doit frôler les 40°. Nous louons deux rikshaw pour la journée et partons faire la tournée des monuments. On visite un mausolée appelé le petit Taj, ensuite le Fort Rouge. Tout cela sous une chaleur accablante. Je ne vous ferais pas une description détaillée de ces monuments, si en plus je me transforme en guide touristique… Vous n’avez qu’à y aller !

Des remparts du fort rouge, de l’autre coté du fleuve derrière le rideau de poussière, on devine le Taj Mahal. Il paraît grand. Pour y accéder, il faut traverser un parc où plus on s’approche du monument moins on en voit. Au guichet (il faut bien payer !), le monument est caché par d’autre bâtiment. C’est justement la volonté des architectes qui nous impose de pénétrer par une porte et de découvrir l’ensemble du monument dans une perspective magnifique. C’est superbe et c’est… petit(enfin relativement) ! Dans mon ignorance je m’attendais à voir un palais, mais le Taj Mahal est un mausolée ! Nous y restons quelques heures quand même, mais cela comprend la sieste dans le gazon. Ce qui nous étonnes c’est d’être pratiquement les seules touristes « européens ». Tous les visiteurs sont indiens. Autres sources d’étonnement : le nombre de personnes qui nous abordent pour être pris en photo avec nous. Amusé au début on se pose des questions au bout de la dixième demande. On nous expliquera plus tard, que ce genre de photo peut aider à obtenir un visa pour l’Europe, mais cela demande confirmation. Comme dans tout mausolée il faut se déchausser pour le visiter. A l’intérieur, pas de problème, mais à l’extérieur : on court vite ! Un conseil : marchez sur les pierres blanches, cela vous évitera de vous brûler la plante des pieds et vous fera réviser comment chasser les thermiques ! Un autre conseil : aux guichets, avant la fouille (si, si !) planquez votre téléphone portable au fond de votre sac, cela vous évitera de refaire la queue après l’avoir déposé à la consigne. Pourquoi est-ce interdit ? Pour les sonneries peut-être ? Pas d’autre d’explication.
A la fin de la journée, nous retournons à la gare pour reprendre notre « express » qui partira avec deux heures de retard. Même ambiance qu’à l’aller, mais avec en plus les rires des gamins qui attendent de nous voir, à tour de rôle, sombrer dans le sommeil la tête en arrière et la bouche grande ouverte ou alors, bavant sur l’épaule du voisin.

On arrive tard à Delhi, presque en même temps que le reste du groupe de Vincent, qui arrive de France.
Le jour suivant, à 6 heures du matin, dans la rue qui se réveille, on charge nos deux taxis de nos parapentes, de nos sacs et de nos carcasses encore endormies d’une nuit trop courte.
Direction le Nord…

Au début, la route est large, entretenue, encombrée c’est vrai, mais on pourrait presque dormir tranquille. Sauf que rapidement on quitte la route principale pour prendre des routes moins sympathiques, cervicalement parlant. Un autre problème qui gêne notre sommeil, et qui fait que l’on a plutôt les yeux rivés à la route se demandant s’il faut hurler ou prendre un prozac, c’est notre chauffeur ! Il conduit à l’Indienne, mais en pire ! Il roule en klaxonnant en permanence, ce qui lui donne le droit – à son avis – de doubler tout le monde, n’importe quand, n’importe où, n’importe comment. Combien de fois c’est on retrouvé face à un camion qui arrive en face, que l’on frôle de justesse dans un concert de klaxonne ? Je ne sais plus. Seulement dans l’après-midi, dans un carrefour, la chance qui nous souriait depuis le début nous lâche l’espace d’un instant. On arrache le flanc droit d’une voiture, on frôle un gros camion et surtout un coup de volant salvateur nous évite un plongeon dans la rivière. On assiste ensuite à un constat à l’amiable et à l’Indienne : les deux conducteurs allant d’une voiture à l’autre en gueulant entouré d’une quinzaine de personnes qui on tous leurs visions des choses et qui le disent ! Pendant ce temps là, nous visitons les bas-côtés (faut bien se soulager, non ?) et nous découvrons que ce pays est merveilleux, puisque le fossé est rempli de cannabis ! Non, ne prenez pas un billet d’avion tous de suite, c’est bien du cannabis mais pas de la qualité qui vous fera planer sans voile. Juste bonne à pisser dessus.
Dans l’après-midi on atteint les premiers contreforts de l’Himalaya, et rapidement on prend de l’altitude.

Nous arrivons à Bir après 15 heures de routes…

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